
On n'y pense jamais, mais dans la quête aux breloques olympiques, personne ne fait mieux qu'une entité très discrète : l'Europe ... Avec 62 médailles d'or au total jeudi soir, elle devance, et de loin, son hôte chinois et les Etats-Unis.
L'exercice est évidement un peu vain, mais il est amusant et instructif : le tableau des médailles olympiques devrait consacrer une puissance sportive à part entière, l'Union Européenne, puisque elle est sans équivoque possible la première en termes de médailles aux Jeux Olympiques de Pékin .
Jeudi soir, elle en totalisait 203, dont 62 en or, bien au delà des 83 médailles chinoises ( 46 d'or) ou des 95 américaines ( 29 d'or). Grâce en soit rendue aux performances des athlètes britanniques et à leurs seize médailles d'or, mais aussi au valeureux Lituanien qui a décroché une des seules médailles de son pays, en bronze, dans la catégorie des plus de 120 kilos en lutte gréco-romaine.
L'exploitation des statistiques sportives ouvre des perspectives toujours amusantes : avec une population de moins de 500 millions d'habitants, soit un gros tiers de la population chinoise, l'Europe et ses 27 membres fait plus de deux fois mieux que la Chine en termes de médailles olympiques : rapporté au nombre d'habitants, on pourrait donc conclure du tableau des médailles olympiques à Pékin que le potentiel olympique d'un Européen est 6 fois supérieur à celui d'un Chinois. Ou encore que le gigantesque effort militaro-industriel consenti par la Chine depuis dix ans pour produire du champion ne pèse toujours pas très lourd face à la culture sportive des vieux pays européens... Ou , pour ne pas prêter le flanc à des accusations de parti pris anti chinois primaire, que le sport à l'ancienne est tout aussi efficace que la machine à dollars du sport US. Ou enfin, que entre le socialisme à la chinoise et le capitalisme débridé, il y a une voie moyenne, la voie européenne, justement ...
L'argumentation est spécieuse, concernant une Union sans vraie réalité politique , et on ne peut pas dire qu'elle soit reprise en coeur par les instances sportives ou les dirigeants de l'Union. Mais rêvons un peu : si on avait entendu cinquante fois "l'hymne à la joie" retentir dans les stades Pékinois, les 27 Européens se seraient peut être sentis un peu moins seuls, à la veillée, en comptant et en recomptant leurs maigres trésors olympiques nationaux...
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