27/04/2009

La doyenne est luxembourgeoise!


Cantonnés aux places d'honneur l'an dernier, les frères Schleck n'ont pas manqué leurs retrouvailles avec Liège-Bastogne-Liège, ce dimanche. Si Frank, victime d'une lourde chute la semaine passée sur l'Amstel Gold Race, n'a pu qu'apporter sa pierre à l'édifice de la Saxo Bank, son cadet Andy, 24 ans, s'est adjugé dans les Ardennes la première grande classique de sa carrière. Au prix d'un final explosif.

Deuxième de la Flèche Wallonne cette semaine, Andy Schleck a franchi le dernier palier nécessaire pour s'adjuger sa première classique. (Reuters)
Une étreinte qui en dit long... Victime d'une commotion cérébrale huit jours plus tôt tandis qu'il chutait sur les routes de l'Amstel Gold Race, Frank Schleck pouvait oublier la douleur quelques secondes dans les bras de son frère en ce dimanche ardennais. Après 261 km de périple, l'aîné de cette exceptionnelle fratrie luxembourgeoise rejoignait son triomphant cadet au bas de l'estrade protocolaire. Un succès partagé en famille qui n'était pas sans rappeler la précédente mouture de Liège-Bastogne-Liège.

En 2008 en effet, la doyenne des classiques avait déjà mis à l'honneur les deux frangins, troisième et quatrième au final mais alors pas cher payés. Repris l'an passé dans l'ascension de la Roche aux Faucons, alors qu'il dominait les débats à quelques 20 km du dénouement, Andy Schleck avait manifestement retenu la leçon ce week-end. En attendant patiemment son heure, niché aux avant-postes d'un peloton un brin endormi par les nombreuses vaines escarmouches de la journée et alors devancé par sept courageux en sursis, l'intéressé a su gicler au moment opportun, précisément là où il avait perdu la course il y a un an.

Trois ans après Frank

Parti aux trousses des derniers échappés au sommet de la Roche aux Faucons, le coureur de la Saxo Bank, bien épaulé jusqu'alors par son frère et Karsten Kroon, s'est fendu d'une accélération telle que le peloton n'a pu réagir et que les 15 secondes de marge alors allouées à Philippe Gilbert, l'homme de tête, ont volé en éclat en l'espace d'un kilomètre. Seul au monde à 18 bornes de l'arrivée, Andy Schleck, menant un train d'enfer, aura su ensuite conserver une avance confortable de 1'10 à l'amorce de la côte de Saint-Nicolas, une ultime difficulté d'un petit kilomètre rendue redoutable par ses 11% de moyenne.

Passée cette douloureuse formalité, le protégé de Bjarne Riis pouvait décrocher sa première grande victoire en classique, quelques jours après avoir joué les dauphins de Davide Rebellin sur la Flèche Wallonne et trois ans après le triomphe de Frank Schleck sur l'Amstel Gold Race, la fierté de la famille jusqu'alors. "Mon objectif, c'est de gagner. Pour y parvenir, il faut que je passe à l'attaque. Je ne dois pas attendre le sprint", avait confié le héros du jour avant de prendre part à cette 95e édition de Liège-Bastogne-Liège. Voilà qui s'appelle tenir ses engagements.

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